Le
professeur de psychiatrie par correspondance Laurent Cantamessi et la tribu des idiots vous le diront, il ne faut pas confondre les torchons et les serviettes,
il ne faut pas confondre l’extrême-droite avec la nouvelle droite, il ne faut
pas confondre un penseur «puissant et immense» (Tel le voit
les idiots et, identiquement … les néo-fascistes de Voxnr ) avec le premier activiste
d’extrême-droite venu.
Ce qui
prouve cette différence entre un subtil et profond-penseur-philosophe (PPP pour
la suite) et les têtes pensantes d’idiocratie d’un côté et de l’autre les
activistes d'extrêmedroite, est, par exemple, la compréhension que les uns et les
autres ont de la marche du monde. D'ailleurs PPP lui-même n'hésite pas à l'affirmer avec une grande douceur, très calmement et avec sérénité ...
Les seconds
voient des complots partout, les premiers … ne font que suggérer une telle idée ;
les premiers ne nient pas la Shoah et/ou l’existence les chambres à gaz – Ils n’en parlent pas …- les seconds
trouvent les thèses des négationnistes fort vraisemblables.
Un nouvel
entretien avec PPP va apporter une nouvelle démonstration que se poser
cette question n’a rien saugrenu. Voyons
cela.
Nicolas Gauthier - Complot jésuite, complot franc-maçon ou
« judéo-maçonnique », complot synarchique, complot
bolchevique, complot néonazi, complot islamiste, ne mettrait-on pas le complot
à toutes les sauces ? Et d’où viennent toutes ces théories du complot ?
Alain de
Benoist - Il n’y a pas de théories du
complot.
PPP commence
par nous dire qu’il n’y a pas de théorie du complot. Gérald Bronner, qui a
sérieusement travaillé sur cette notion est donc un
âne.
Il y a d’une
part une mentalité conspirationniste et, de l’autre, une série d’interprétations
complotistes d’un certain nombre d’événements.
En d’autres
termes, et en toute logique, on comprend donc par cette phrase qu’il y a, pour
PPP, d’un côté des interprétations désignées comme «complotistes» mais qui sont
peut-être vraies (On verra plus bas à laquelle PPP pense), et de l’autre des
interprétations qui relèvent d’une «mentalité conspirationniste» et qui sont donc
probablement le fait de simplets et/ou de paranoïaques (Pour ce type de «mentalité», relevant de
la psychiatrie, voir avec un expert : le Professeur Cantamessi, élève de
PPP).
J’avais publié, en 1992, une étude sur la
psychologie du conspirationnisme (Voir ICI). Depuis lors,
Pierre-André Taguieff a consacré à ce sujet une série d’ouvrages qu’on peut
considérer comme définitifs.
PAT ayant,
avec sa thèse Sur la Nouvelle droite, consacré la respectabilité de PPP, on comprend
pourquoi PPP, qui n’est pas toujours avare de reconnaissance, estime ses
travaux «définitifs» …
La mentalité
conspirationniste consiste d’abord à considérer de manière systématique que
tout discours officiel est mensonger, que tout ce qui est important est
dissimulé, bref que «la vérité est ailleurs».
PPP pense
ici, à l’évidence, au cas des paumés qui gravitent autour de
Soral. Un lecteur métapolitichien n’ayant jamais, au grand jamais, regardé un
épisode de X-Files ne se sentira ici concerné en rien. La culture d'un métapolitichien est d'une profondeur philosophique qu'on imagine même pas !
Et, dans un
deuxième temps, à affirmer que les vrais auteurs des événements sont des
puissances malignes, des « forces obscures » tapies dans
l’ombre, qui « tirent les ficelles en coulisses » et agissent
de façon souterraine pour parvenir à des fins inavouables. On désigne ainsi un
bouc émissaire intemporel, transhistorique, omniprésent – « Ils sont
partout ! » –, qui poursuit son intérêt particulier au détriment
de l’humanité. Ces puissances ténébreuses s’incarnent généralement dans une
catégorie d’hommes qu’il suffirait d’éliminer pour que les choses retrouvent
leur cours normal. Cette catégorie répulsive correspond à ce que Claude Lefort appelle
très justement les «hommes en trop».
Ce
paragraphe sert surtout à amener le suivant (Lire plus bas). On note au passage l’escroquerie intellectuelle qui consiste – PPP est
coutumier du fait - à évoquer le nom
d’un intellectuel réputé de gauche pour rendre «insoupçonnable» le reste de ce
qu’il dit. Ce même quand, comme ici, la notion dont a parlé cet intellectuel
n’a pas grand chose à voir avec ce dont on parle. Peu importe ce tour de
passe-passe, cela suffit pour plonger un idiot ou un autre dans une admiration béate
envers PPP
Il n’est pas
difficile d’apercevoir les soubassements religieux de cette mentalité. Ces
«hommes en trop», quelle que soit l’étiquette qu’on leur
attribue, sont une figure du Diable, dont ils ont d’ailleurs tous les
attributs.
Nous y
voilà. Pour être conspirationniste, il faut forcément, d’après PPP, avoir une
certaine sorte de croyance religieuse. On est passé de Claude Lefort au christianisme.
PPP vient de planter le cadre dans
lequel il «pense» le conspirationnisme.
Mais dans la
mentalité conspirationniste, on observe aussi l’écho du mythe de la « Caverne »
chez Platon : ce que nous voyons autour de nous, et que nous croyons bien
réel, n’est qu’illusions et tromperie. C’est un théâtre d’ombres. D’où cette
coupure dualiste qui double le monde réel, décrété illusoire, d’un
arrière-monde où s’activent les «chefs d’orchestre invisibles».
Le discours conspirationniste est un discours de l’apparence et du masque.
Vous avez
compris. Platon était le premier conspirationniste. La preuve il était dualiste
NG - S’interroger
sur le conspirationnisme, ne serait-ce pas d’ailleurs déjà prêter le flanc à
l’accusation de complotisme ?
Critiquer le
conspirationnisme vous fait en effet placer immédiatement au nombre des
complices ou des idiots utiles. Pour la mentalité conspirationniste, rien n’est
neutre.
On serait
curieux ici de savoir ce qui pour PPP est «neutre» …
Il y a d’un
côté les agents du complot, de l’autre les affidés et les crédules. Toute
contradiction, tout démenti, devient alors une preuve supplémentaire de
l’existence du complot.
PPP confond
ici (Délibérément ?) conspirationnistes et paranoïaques
Les thèses
conspirationnistes, autrement dit, font un usage systématique du soupçon
freudien : la dénégation confirme le symptôme.
PPP adresse
ici un clin d’œil aux démolisseurs de la psychanalyse qui aiment à croire que
l’œuvre de Freud se ramène à ce qu’ils en ont compris. Pour PPP Les freudiens, comme les
platoniciens, sont, semble-t-il, des sortes de crypto-conspirationnistes.
C’est bien
connu, la ruse suprême du Diable est de faire croire qu’il n’existe pas !
PPP flatte
ici les amateurs de «bons mots» pour qui un bon mot vaut toujours mieux que
discours rationnel et construit.
De même,
dans l’histoire, rien pour les conspirationnistes ne relève du hasard. L’action
sociale-historique est débarrassée de tous ses aléas grâce à une théorie
linéaire de la causalité qui est censée tout expliquer les événements sont
produits mécaniquement par des agents cachés, qui manipulent les hommes comme
on appuie sur un bouton pour obtenir l’effet désiré. Ni marge d’erreur ni zone
d’incertitude : tout a été prévu, tout a été « orchestré ».
A part
quelques individus effectivement «simples» ou franchement dérangés qui
exactement défend ce genre de conspirationnisme-là ? (PPP est coutumier de cette commune et grossière
astuce rhétorique qui consiste à imputer aux autres, à tort ou à raison, des raisonnements simplistes
pour mieux les caricaturer et ainsi passer pour une sorte de sage)
Ce simplisme
fait bon marché de ce que Jules Monnerot appelait l’hétérotélie, les «effets
pervers», l’accident, l’exception, les dynamiques systémiques, etc.,
bref tout ce qui fait la complexité de la vie sociale-historique réelle.
On sera
d’accord avec lui sur ce constat que la vie sociale-historique est complexe (Belle découverte en vérité).
Mais est-il besoin de faire référence à Jules Monnerot pour cela ? Cette
allusion à l’ancien membre du comité scientifique du Front National a bien
évidemment pour but de faire un nouveau clin d’œil à ses amis d’extrême-droite.
Quant aux
conspirationnistes, ils se posent d’emblée comme une élite d’initiés, d’experts
autoproclamés, titulaires d’un savoir qui surplombe le savoir caché de ceux
contre lesquels ils se dressent. Magiquement exemptés de l’aliénation où
baignent leurs contemporains, ils sont ceux qui « savent » (on
ne sait par quel miracle), dès lors fondés à regarder de haut les « naïfs »
qu’on « mène par le bout du nez ».
Ici PPP
décrit surtout l'aspect cognitif, il n’apporte pas grand chose à la compréhension générale du phénomène. Il brouille celle-ci.
NG - L’histoire
de l’humanité abonde néanmoins en vrais complots. Il y a d’abord les
assassinats politiques, réussis (Henri IV, John Fitzgerald Kennedy ou Anouar
el-Sadate) ou manqués (Ronald Reagan, Jean-Paul II ou Jacques Chirac). Mais
comment faire la part des choses entre «vrais» et «faux»
complots ?
Bien sûr
qu’il y a de vrais complots. Tout comme il y a des secrets d’État, des
mensonges d’État, des actions secrètes menées par les services de renseignement,
des lobbies, des groupes d’influence, des attentats sous «faux drapeau»,
etc. Si le conspirationnisme se bornait à vouloir faire toute la lumière sur
tel ou tel événement, ou à s’interroger sur ce qui se passe à l’arrière-plan de
la vie politique et sociale, il n’y aurait rien à lui reprocher.
Certainement
puisque ce ne serait plus du conspirationnisme !
Ce qu’on
peut en revanche critiquer, c’est son systématisme obsessionnel, sa «logique»
paranoïaque, ses interprétations fantasmatiques, ses bouffées délirantes.
(On peut lire le rapport clinique d'un de ces cas par l'élève de PPP, le Professeur Cantamessi - Voir ICI)
Ici PPP fait
une description fort restrictive du conspirationnisme. Si on pense que cette logique enveloppe plus largement celui-ci, est-on en
droit de s’interroger sur quelqu’un qui estime , tout comme son ex-collègue "intellectuel de Flash ", avoir été l’objet d’une
conspiration du silence ?
NG - À propos des
attentats du 11 septembre 2001, Roland Dumas, ancien ministre des Affaires
étrangères, assure ne pas croire en la version officielle des événements pas
plus qu’à son avatar conspirationniste. Y aurait-il une sorte de troisième
voie, fondée sur le principe d’opportunité ?
La position
de Roland Dumas me paraît assez sage. Il n’y a pas besoin d’être
conspirationniste pour constater que la version officielle des attentats du 11
septembre laisse pour le moins à désirer, ou pour penser que Lee Harvey Oswald
n’était sans doute pas le seul homme impliqué dans le complot pour tuer
Kennedy.
Après une
série de généralités plus ou moins acceptables, nous en arrivons au noyau de
cet entretien. Quelle est la position de Roland Dumas ? Voir
ICI (
Il est
«impressionné par les arguments des deux côtés», il parle de «thèse
officielle»). PPP a fait
passer un message. Si on peut tout contester. Pourquoi ne pas contester également la Shoah ?
On aura noté
au passage la malhonnêteté intellectuelle qui consiste à comparer l’attentat du 11 septembre
avec l’assassinat de JF Kennedy. Il y a eu, dans un premier temps, plusieurs
versions pour ce second fait historique DONC POUR PPP il n’est pas inenvisageable qu’une future sorte de «commission warren» établisse que,
finalement ce sont des américains qui se sont «débarrassés» de 3000 de leurs compatriotes ; à moins
que ce soit les «américano-sionistes». Va savoir …
Il y a une
vertu du doute, et le «dubitationnisme» va souvent de pair avec
l’esprit critique.
Certainement
mais il existe un dubitationnisme systématique qui, du fait qu'il ne respecte pas d'autres vertus, n’a plus rien à voir avoir
le fait d’avoir l’esprit critique.
Mais ce qui frappe chez les
conspirationnistes, c’est qu’ils ne sont capables de douter que d’une manière
unilatérale. Hypercritiques vis-à-vis des «versions officielles»,
ils sont d’une crédulité sans bornes pour toutes les « versions
alternatives ».
Mais l'ex-professeur Robert Faurisson, lui, ne fait pas cette erreur...Il est juste «hypercritique»... Est-ce qui plaît à PPP chez cet homme ?
Or, comme l’esprit critique ne se partage pas, il faut
examiner les unes et les autres avec la même rigueur.
C’est vrai
que quand on écoute parler Roland Dumas dans cette vidéo, ce qui frappe le plus est sa «rigueur intellectuelle» ...
Cela dit,
nous sommes à une époque qui ne peut que favoriser le conspirationnisme :
à un moment où les gens «ne comprennent plus ce qui se passe»,
parce que leurs repères se sont effondrés, les «explications»
simplistes, qui prétendent rendre intelligible ce qui paraît incohérent, ne
peuvent que trouver une oreille complaisante chez un public toujours plus
grand.
Certainement ! C'est même la raison qui fait que des idéologues peuvent raconter n'importe quoi sous le regard ébahi d'idiots.
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Sur Alain de Benoit, voir également ICI et LA
Sur sa technique rhétorique (au sens le plus négatif du terme) un de ses textes les mieux ficelés est celui-ci. Alain de Benoist arrive à parler longuement de l'antisémitisme sans jamais parler de la Shoah ! Comme si elle n'avait jamais existé donc ... Ce texte est d'ailleurs un monument de mauvaise foi.
Il mériterait à lui seul une longue analyse tant on peut y trouver rassemblée une multitude des procédés rhétoriques qu'utilisent Alain de Benoist pour essayer de prouver qu'il ne serait qu'un "intellectuel qui s'interroge" (Qui hait qui ?) face à un homme de parti pris (Pierre-André Taguieff) - la question que l'on peut alors se poser étant de savoir jusqu'à quel point AdB est conscient de tous les aspects de cette rhétorique ou s'il ne pousse pas, tout simplement la perversion intellectuelle à un point culminant ...
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