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mercredi 16 octobre 2013

Metapopo.Infos ou Cucul.Facho.Infos ?



Pour ceux qui auraient encore des doutes sur la collusion idéologique permanente entre les antisémites d’Egalité & Réconciliation et les antisémites de la «nouvelle» droite, je leur conseille la visite d’un site comme metapo.infos   

Un des commentateurs particulièrement obtus n’avait pas apprécié que j’ose me manifester sur ce qu’il considère comme son blog. J’avais répondu comme il se doit à cette vieille merde néo-fasciste

Mais qu’est-ce que ce blog ?   Quel est son objet ?

Toutes proportions gardées, tout comme le CNI a pu être considéré comme un point de jonction politique entre l’extrême-droite et la droite dure, ce genre de blog est la preuve que quoi qu’ait pu dire ce doux rêveur – ou cette crapule cynique et perverse ? – Alain de Benoist, la nouvelle droite n’est pas «nouvelle» mais bien de droite, voire d’extrême-droite pour une très grosse majorité de ceux qui s’en sont sentis proches et ceux qui s’en «sentent proches».  

Ou alors comment se fait-il qu’on y trouve côte à côte ces liens :


Et, encore ces jours-ci,  de la publicité pour les «pensées» de la grande brêle antisémite faisant suite au renvoi vers l’interview extrêmement complaisante* par une radio italienne d’extrême-droite du «petit père des peuples… indo-européens»

* Pour ceux qui ne connaissent pas la lourdeur et la pédanterie d’Alain de Benoist, ce monologue est une bonne approche du côté passablement ridicule du personnage. Il y pontifie d'une manière tellement grotesque que même les braves garçons qui l'entourent semblent s'en apercevoir ...

Qui peut bien se satisfaire  de tout ce gloubi-boulga  pseudo intello si ce n’est de pauvres garçons comme ceux qui m’ont répondu ICI (Lire les commentaires intégrés au fil), un post-ado inculte ou encore un âne comme Laurent Cantamessi ?

Tant que les intellectuels de la gauche de la gauche dont je parlais précédemment  ICI n'auront pas pris conscience de ces liens idéologiques très forts entre nouvelle droite et l'extrême-droite radical et identitaire, ils continueront à se bercer d'illusions sur la véritable puissance de leurs convictions «antifascistes» ... Quelqu'un qui réprouve réellement les pensées racistes et fascistes se doit d'en faire une analyse méthodique non pas seulement de ses groupes les plus bruyants mais de ceux qui, par leur travail métapolitique de longue haleine, ont fait qu'aujourd'hui qui veut donner une (pseudo) assise intellectuelle à ses idées d'extrême-droite, la trouve !


Un autre exemple de cette continuelle collusion idéologique entre «nouvelle» droite et extrême-droite raciste ? Il existe des sites ouvertement nazis. L’animateur crypto gréciste et pro-nazi  (pardon pour la redondance) du site metapo.infos n’en fera pas lui-même la recommandation.  Il a trop peur des Lois

Par contre si quelqu’un a la «bonne idée» d’en signaler un en commentaire comme ICI, il aura lui la «bonne  idée» de valider ce dernier car il sait que cela fera plaisir à ses lecteurs néo-droitistes racistes … Car au fond qu’est-ce qui, derrière les «travaux» pseudo savants de la nouvelle droite, motive en premier lieu un admirateur de celle-ci ? N’est-ce pas la préservation de la «race blanche» ?

A cet égard le commentaire ci-dessous est très révélateur car pas faux

 "Aux jeunes aryens", vraiment ?  Que pense un Alain de Benoist d'un "Ary" ?

Vous n’êtes pas convaincu par toutes ces preuves des liens idéologiques forts entre nouvelle droite et extrême-droite raciste ?  Cliquez ICI

18/10/2013 - Un commentateur de ce site,  suite à l’un de mes commentaires à propos de la parution d’un livre de Clément Rosset,  n’a jamais entendu parler de cette parabole
Au passage, on peut noter, en observant la colonne de gauche, le peu de discernement du responsable dans le choix des liens qu'il recommande à ses lecteurs ... Mais ne trouve-t-on pas Christophe Bourseiller en haut et à droite de la page d'accueil ...



J’ai signalé ICI les pleurnicheries d’un militant soralien tout déçu qu’une journaliste du Monde Diplomatique ne soit pas tombée béate d’admiration devant la puissante prose de son guru antisémite.

Mais les néo-droitistes ne font pas mieux. L’un d’eux se plaint ICI de ma méchanceté envers son guide intellectuel : 
Mais quel âge ont donc ces militants à pleurnicher  dès qu’on ose faire quelques critiques de leur papa de substitution (le moine rouge-brun et le vieux pervers brun-rouge) ?

Toujours sur ce même site , un autre courageux monte à l'assaut du monstre Mézigue mangeur de petits enfants. Comme on l'a lu ci-dessus, j'ai eu "l'audace" de laisser un commentaire à propos du nouveau livre de Clément Rosset.  "Dinard" (Quel âge peut donc avoir ce preux chevalier ?) me répond avec fougue :
J'ai tenté de poser une réponse mais à l'heure qu'il est, elle n'a pas été validée.  Sachant que beaucoup suivent ce fil, je vous la livre en quelque sorte en avant première :

@ Dinard
Bien que le ton de votre commentaire montre, en particulier dans le choix de son vocabulaire, une colère retenue dont il serait intéressant d’exposer les causes, je vous remercie tout de même de votre réponse et je vous invite, à nouveau, à venir en discuter sérieusement avec moi sur mon nouveau blog. Je serai extrêmement intéressé de lire sous votre plume une démonstration de la profondeur de pensée de Pierre Le Vigan. Qui sait ? Elle pourrait me convaincre ...

J’ai créé Tatamoche parce que j’ai été ébahi  du succès de deux bouffons d’extrême-droite. Le ton propre à ce blog est un ton adapté à ces deux guignols. Ni  Alain de Benoist ni Pierre Le Vigan ne sont des bouffons de ce type.

Pour ce qui est de Rosset,  je ne sais pas si je l’ai bien compris alors je me suis fait un peu aidé avec le livre dont vous trouverez la préface en cliquant sur mon pseudo (Ici sur le mot "préface").

Cordialement 

Notes : Les raisons pour lesquelles notre Chevalier s’énerve sont à mon avis dues à son honnêteté intellectuelle. Il m’agresse (binaire, partial, crachat, conchier, vomir) mais il me répond. Il me répond parce qu’il est, comme chacun d’entre nous, capable de doute. Bizarre tout de même qu’un ancien rédacteur-en-chef  de Krisis et un ancien ami d’Alain de Benoist tienne de tels propos.

Sur mon attaque de Pierre le Vigan, il est, par contre, assez malhonnête. D’abord parce que je n’ai pas encore fini ICI d’analyser sa contribution au Liber Amicorum ; ensuite parce que j’ai, au contraire, déjà avancé des arguments dont c’est maintenant à lui de me démontrer qu’ils sont faux.

Je n’ai pas répondu à la question qu’il me pose de savoir ce que j’ai fait de mon temps car cela ne le «regarde» pas et parce que cette grave question du mérite, aussi bien au niveau individuel qu’au niveau politico-social, est bien plus complexe qu’il semble le croire et que donc en parler déborderait du sujet. 

Ce qui est certain, si l’on parle d’éthique (Dans le sens d'une conformité entre un vécu et des idées professées), est que je n’ai, pour ma part, pas collaboré à une maison d’éditions allemande pour l’édition d’un fort volume glorifiant l’art nazi et que je ne me suis pas fait financer en partie par un cadre d’un grand groupe pharmaceutique* tout en écrivant pis que pendre sur le vilain libéralisme.  
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·       * Le chevalier Dinard me fournit l’occasion ici de rendre public un échange de courriels avec le phare de la pensée indo-européenne :

- Vilain Mézigue : A ce propos j'avoue avoir du mal à comprendre comment on peut concilier une position idéologique prônant un ferme anti-libéralisme frôlant l'anti-capitalisme marxiste avec le fait d'être un proche de quelqu'un émargeant auprès d'un grand groupe pharmaceutique comme *****.

- Phare de la pensée indo-euroépenne : Tu as du mal à comprendre ça ? Il faudrait rompre avec ses amis au motif qu’ils gagnent leur vie en travaillant dans un grand groupe pharmaceutique – ou dans une quelconque grande société capitaliste ?? Tu penses que c’est mieux d’être fonctionnaire ? Là, c’est moi qui ne comprends plus du tout !

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Je laisse aux lecteurs tirer de ces paroles toutes les indications qu'ils veulent sur les implications de ce mépris poujadiste, et donc jeanrobinien, des fonctionnaires ...  Ainsi que sur les incohérences politico-philosophiques du phare de la pensée indo-européenne. Mais je crois en fait qu'Alain de Benoist de Gentissard, petit journaliste-idéologue-essayiste, ne comprend réellement pas ce que j'essaie du lui faire comprendre. A savoir la différence entre les gens qui sont obligés de travailler pour sur-vivre et ceux qui, d'une façon ou d'une autre, se font toujours faits entretenir. On peut noter au passage que c'est également pour ces raisons qu'il n'a, contrairement à des dizaines de milliers de lecteurs mais à l'identique d'un Jean Robin, jamais compris la sociologie de Bourdieu.

Chez Alain de Benoist de Gentissard, le petit noyau nazi d'origine a peut-être disparu mais la couche réactionnaire est toujours-là. Si certains gogos ne la voient pas c'est parce qu'elle est recouverte d'une croute gauchiste. 

Une nouvelle fois faisons appel à un extrait de film pour faire comprendre à ce brave Alain de Benoist de Gentissard et à certains de ses admirateurs aveuglés par sa magnificence intellectuelle.

Les vestiges du jour de James Ivory tiré du livre éponyme de Kasuo Ighiguro  (Encore une victime de
la Mêmeté et du métissage culturel que dénonce sans relâche et courageusement le phare de la pensée indo-européennen l'inspirateur direct de sympathiques groupes politiques )

Il y a deux sortes de gens. Ceux qui pensent que "Monsieur Spencer" a raison ... et ceux qui pensent que c'est un sale con. Toutes les idées que professent Alain de Benoist de Gentissard  et ses fans amène à trouver la première option comme étant la bonne. J'ai opté, moi, pour la seconde.
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Pour ce que le Chevalier Dinard croit être un "argument" (Et vous qu'avez-vous donc écrit ?), on ne s’étonnera pas qu’il ressemble comme deux gouttes d’eau à celui d’un Jean Robin et d’un Alain de Benoist qui, l’un avec sa vingtaine de livres et l’autre avec plus de quatre-vingt-dix y voient une sorte de preuve mathématique de la puissance et de l’étendue de leurs pensées respectives et de leur capacité à le démontrer par l'écriture et la publication de livres. Quant on sait que Wittgenstein n’a réellement écrit qu’un seul livre, on voit la petitesse de ce philosophe  anglo-autrichien face au politologue, écrivain et éditeur judéo-auvergnat et face au guide du «philosophe français» Pierre le Vigan 

Non je n'ai pas encore vécu ce (bref ?) contentement narcissique de voir son écriture sous forme de livre ...  Mais, ici également, poser cette question en ces termes au temps d'internet pour tous, c'est n'avoir pas réellement bien compris quelle révolution, dans ce domaine-ci également, a entraîné cette nouvelle technologie. 
***** 
Dernière nouvelle :  Le subtil penseur néo-droitiste "Du balai" (voir ci-dessus) se lance sur internet.  Jaloux du succès de Jean Robin et de ses extraordinaires JT, il prépare une vidéo et un blog pour dénoncer le traqueur de petits cons néo-droitistes et de vieilles merdes néodroitistes. On apprend au passage que ce courageux cybernaute est psychanalyste par correspondance

J'ai pu me procurer une meilleure photo de "Du Balai" :



"Du Balai" téléphonant à Jean Robin pour lui demander des conseils de communication


Camille Boisperrier, petit-beauf de banlieue néo-droitiste dans son HLM  










mardi 15 octobre 2013

Les copains du cocaïnomane - 8 - Mathias Cardet



Un «intellectuel dissident» (sic) de 38 ans rejoint  E&R … par antisémitisme …

samedi 12 octobre 2013

Les copains du cocaïnomane -7 - Frédéric Delavier



Un élève du Professeur d’anthropologie nazie Laurent Ozon ( qui vient d’écrire un article de haute volée) et du professeur de sociologie Alain Soral, le professeur de gonflette Frédéric Delavier, vous offre deux vidéos (1 et 2). Elle vous feront découvrir sa puissante pensée anthropologico-sociologique. 

Avec des hommes de cette trempe, le pays réel (Comme dirait les mongoliens du Lys Noir) est prêt à prendre la place des oligarchies corrompues 

jeudi 10 octobre 2013

Les partisans de Soral et Le Monde Diplomatique

Après les articles du Canard Enchaîné et de l’Humanité (voir ICI),  c’est Le Monde Diplomatique, un peu gêné aux entournures*, qui s’y met (Copie intégrale de l’article, voir ICI)

L'atelier E&R** (Egalité & Réconciliation) a écrit une très pitoyable et pleurnicharde réponse ICI. Il faut lire attentivement cette «réponse» car elle permet de comprendre à quel point d’abrutissement intellectuel*** en sont arrivés les membres de ce qu’il faut bien se résoudre à appeler une sorte de secte politique française d'orientation national-socialiste.

* Peut-être reviendrai-je un peu plus tard sur cet article tant il est révélateur qu'une sorte d'aveuglement idéologique perdure largement du côté de la gauche de la gauche qui s'aperçoit seulement maintenant que ses principaux hochets idéologiques ont été, via la "nouvelle droite", récupérés par l'extrême-droite fascisante ... 

** Si l'on prend la peine de lire les commentaires qui suivent cet article du site rouge-brun, on peut comprendre que les membres de cet "atelier" se prennent, tout étant relatif, pour des intellectuels ...

*** Le crétin inculte et de mauvaise foi qui, rapporteur de l'atelier d'E&R, a pris comme pseudo «Max Levy» écrit sans rire : «Il est évidemment diablement tentant pour ses adversaires d’agiter la menace nazie afin de le discréditer. Malheureusement pour eux, de plus en plus de Français se libèrent du carcan idéologique de la «gauche» et constatent que le nationalisme social français n’a rien à voir avec un projet de suprématie raciale germanique».


Or ni Évelyne Pieiller, ni les six spécialistes de science politique (voir ci-dessus) n’assimilent l’extrême-droite française au nazisme. «Max Levy» est, comme son guru cocaïnomane, tout simplement un paranoïaque qui s’ignore …CQFD

Ecouter Evelyne Pieiller ICI


Comprendre l’Extrême droite

Par Nicolas Lebourg, Joël Gombin, Stéphane François, Alexandre Dézé, Jean-Yves Camus et Gaël Brustier, « FN, un national-populisme» , Le Monde, 7 octobre 2013, p.15.

Marine Le Pen a fait savoir qu’elle souhaitait intenter des procès à ceux qui diraient de sa personne ou de son parti qu’il sont d’extrême droite. Elle a, entre autres, prétendu que cette étiquette constituait à ses yeux un fourre-tout, servant à amalgamer le Front national (FN) avec les mouvements radicaux. Cette position implique quelques clarifications de la part de chercheurs en sciences humaines et sociales qui travaillent sur les extrêmes droites et considèrent que le FN fait partie de cet espace.

Des extrêmes droites

Les termes politiques «extrême droite», «droite», etc., se mettent en place dès le début du XIXe siècle. Cependant, ils correspondent surtout à la vie parlementaire : jusqu’à la première guerre mondiale, les citoyens ne se situent guère eux-mêmes sur l’axe droite-gauche. Le mot «extrémiste» n’apparaît dans le débat public français qu’en 1917, la presse française l’utilisant pour fustiger les bolcheviques qui viennent de prendre le pouvoir en Russie. C’est désormais en réaction à «l’extrême gauche» que s’impose dans l’usage le terme «d’extrême droite». Dès l’origine, il a une connotation péjorative, ce qui explique que nul ne s’en revendique. On notera d’ailleurs qu’aujourd’hui encore, les extrémistes des deux bords récusent le terme quand il est question d’eux-mêmes, mais ne cessent d’en accabler l’autre bord.

«Extrême droite» est un singulier illusoire, comme c’est du reste le cas pour tout autre tendance du champ politique : il y a des extrêmes droites. En particulier, après 1918 se crée une division entre une extrême droite réactionnaire et une extrême droite radicale, révolutionnaire, qui souhaite l’émergence d’un «homme nouveau». Soulignons que, justement, le principe du Front national tel qu’il fut conçu par son initiateur, le mouvement Ordre nouveau, était l’union, organisationnelle mais non idéologique, de toutes les chapelles d’une extrême droite française dont la particularité historique est l’éclatement.

Définir l’extrême droite

Il existe des traits communs qui couvrent le spectre de cet espace. Ce sont eux qui empêchent d’amalgamer l’extrême droite avec d’autres camps politiques. Le coeur de la vision du monde de l’extrême droite est l’organicisme, c’est-à-dire l’idée que la société fonctionne comme un être vivant. Les extrêmes droites véhiculent une conception organiciste de la communauté qu’elles désirent constituer (que celle-ci repose sur l’ethnie, la nationalité ou la race) ou qu’elles affirment vouloir reconstituer. Cet organicisme implique le rejet de tout universalisme au bénéfice de «l’autophilie » (la valorisation du «nous») et de«l’altérophobie» (la peur de «l’autre», assigné à une identité essentialisée par un jeu de permutations entre l’ethnique et le culturel, généralement le cultuel). Les extrémistes de droite absolutisent ainsi les différences (entre nations, races, individus, cultures). Ils tendent à mettre les inégalités sur le même plan que les différences, ce qui crée chez eux un climat anxiogène parce qu’elles perturbent leur volonté d’organiser de manière homogène leur communauté. Ils cultivent l’utopie d’une «société fermée» propre à assurer la renaissance communautaire.

Les extrêmes droites récusent le système politique en vigueur, dans ses institutions et dans ses valeurs (libéralisme politique et humanisme égalitaire). La société leur paraît en décadence et l’Etat aggrave ce fait : elles s’investissent en conséquence d’une mission perçue comme salvatrice. Elles se constituent en contre-société et se présentent en tant qu’élite de rechange. Leur fonctionnement interne ne repose pas sur des règles démocratiques mais sur le dégagement «d’élites véritables». Leur imaginaire renvoie l’Histoire et la société à de grandes figures archétypales (âge d’or, sauveur, décadence, complot, etc.) et exalte des valeurs irrationnelles non matérialistes (la jeunesse, le culte des morts, etc.). Enfin, elles rejettent l’ordre géopolitique actuel.

Définir le national-populisme

La dynastie Le Pen incarne un courant bien spécifique de l’extrême droite : le national-populisme, qui s’est cristallisé lors de la vague boulangiste (1887-1889) et constitue depuis la tendance la plus classique de l’extrême droite en France. Le national-populisme conçoit l’évolution politique comme une décadence dont seul le peuple, sain, peut préserver la nation. Privilégiant le rapport direct entre le sauveur et le peuple, par-delà les clivages et les institutions parasites censées menacer de mort la nation, le national-populisme se réclame de la défense du petit peuple, du «Français moyen» de «bon sens», face à la trahison d’élites, fatalement corrompues. Il fait l’apologie d’un nationalisme fermé, se met en quête d’une unité nationale mythique et est «altérophobe». Il réunit des valeurs sociales de gauche et des valeurs politiques de droite (ordre, autorité, etc.). Bien qu’il recoure à une esthétique verbale socialisante, il prône l’union de tous après l’exclusion de l’infime couche de profiteurs traîtres à la patrie , ce qui implique de rompre avec l’idéologie de la lutte des classes.

Pour faire coïncider la nation et le peuple, il effectue des permutations entre les sens du mot «peuple». Le peuple, c’est le demos, l’unité politique ; c’est également l’ethnos, l’unité biologique ; c’est encore un corps social, les «classes populaires» ; et c’est enfin la «plèbe», les masses. L’extrême droite national-populiste joue sur la confusion entre toutes ces significations. La plèbe se donne à un sauveur pour qu’il brise son carcan et permette au peuple et à la nation sous une forme ethnicisée (culture, religion, civilisation pouvant faire office de marqueurs) d’exercer leur souveraineté. Débarrassées des parasites, les masses deviennent le peuple uni. C’est donc une idéologie interclassiste, à laquelle correspond bien le «Ni droite, ni gauche» tant vanté par Marine Le Pen, slogan repris, entre autres, du PPF de Jacques Doriot (1898-1945) dans les années 1930, vantant les valeurs «terriennes» contre les «fausses intellectualisations».

Définir le néo-populisme

Il y a moins de divergences entre les Le Pen et cette définition du national-populisme issue du XIXe siècle qu’entre Jean-Marie et Marine. Les différences entre le père et la fille proviennent avant tout de la façon dont cette dernière a inscrit son national-populisme dans la mutation néopopuliste qu’ont connue les extrêmes droites européennes depuis une douzaine d’années. Le discours de Marine Le Pen ne se préoccupe pas de l’édification d’un ordre et d’un homme nouveaux, il n’est pas fasciste, mais fait du Front national le parti de «l’anti-postmodernité», l’opposant par excellence à la liquidation de l’Etat-nation, à une société atomisée en individus autonomes.

Le néopopulisme en Europe constitue un hybride, à mi-chemin entre l’opposition globale au «système» et la participation à celui-ci, rendue possible par des succès électoraux conséquents. Des succès acquis grâce à la dénonciation d’un lien causal entre insécurité et origine ethnico-religieuse, et en opposant le «bon sens» naturel du peuple enraciné et le supposé dévoiement des élites mondialisées.
Au coeur du débat : la critique du multiculturalisme (qui en France n’a jamais existé comme dans le monde anglo-saxon) et du relativisme culturel masochiste et culpabilisant, qui a marqué une partie des gauches postcoloniales. L’une des innovations de ce populisme est de bâtir un programme politique d’exclusion, sur la base d’un retournement des valeurs de la philosophie des Lumières, ce qui permet de s’adresser à des électorats jusque-là hostiles aux extrêmes droites en raison de la nature des fascismes du XXe siècle (juifs, homosexuels, femmes, militants laïques).

L’instrumentalisation de la laïcité, à laquelle on suppose que l’islam serait par essence hostile, est un bon exemple de ce type d’inversion en France. Il permet au FN de prolonger sa vision déterministe des identités en l’habillant d’une phraséologie républicaine faisant aujourd’hui consensus. Dans ce nouveau discours, l’identité est essentialisée, fétichisée, invariante, fixée par l’espace, l’histoire et la tradition. Ce déterminisme est une négation des identités multiples, comme de l’autonomie de décision des individus.

Des débats

Telle est l’extrême droite. Elle est une réalité continue de notre histoire politique, non un anathème. Le national-populisme est installé dans notre vie politique depuis 130 ans. Il participe du système politique français de façon structurante. Le FN a évolué, étant aujourd’hui empreint de néopopulisme. Il respecte les règles légales de la compétition démocratique. Il n’y a pas plus de sens à le renvoyer à l’image de l’extrême droite radicale, en particulier du nazisme, qu’à le détacher de l’histoire de l’extrême droite française. Cet espace politique est pluriel, comme les autres. Il évolue, comme les autres. Il doit être l’objet de débats sereins, comme les autres.
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